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Société Générale prolonge sa confiance en STACI

11/12/2019

Rencontre avec Thomas Mortier, Président du Groupe STACI

Créé en 1989, STACI est le leader européen de solutions logistiques B2B et B2B2C pour les entreprises qui souhaitent externaliser tout ou une partie des opérations d’approvisionnement de leur réseau ou de leurs clients. Expert de la logistique de détail, le Groupe s’appuie sur un savoir-faire unique dans la gestion de flux complexes multi fournisseurs, multi clients et multi produits à partir d’entrepôts et de ressources mutualisés, couvrant désormais l’ensemble de l’Europe de l’Ouest et les Etats-Unis.

Rencontre avec Thomas Mortier, Président du Groupe STACI.

1. Ces deux dernières années ont été particulièrement riches pour STACI qui a notamment acquis une véritable dimension internationale. Pouvez-vous revenir sur les grandes étapes qui ont conduit à ce beau succès ?

STACI est une société française créée il y a 30 ans, évoluant sur un marché de niche. Grâce à un investissement important dans l’informatique, nous avons pu industrialiser, organiser et informatiser un métier qui était assez manuel au départ. Aujourd’hui, STACI est leader dans la logistique B2B et nous proposons à nos clients un certain nombre de services à valeur ajoutée qui nous permettent de nous différencier de nos concurrents.

L’arrivée de Société Générale Capital Partenaires (SGCP) et Cobepa au capital de la société en 2017 a accéléré de façon très significative le développement international du groupe. Ces nouveaux actionnaires nous ont donné les moyens de nos ambitions à savoir la consolidation et la concentration de notre marché européen.

Au cours des deux dernières années nous avons fait quatre acquisitions dont deux très significatives : le principal concurrent français et le premier concurrent anglais.

Entre 2017 et 2019, la taille de la société a alors doublé avec aussi une croissance organique qui se situe autour de 15% par an à l’échelle du groupe.

2. Vous avez abordé le sujet de l’expansion du groupe en France et à l’international. Pouvez-vous revenir sur l’ouverture de votre première filiale aux Etats-Unis en mai 2019 ?

Nous avons toujours été attirés par les Etats-Unis du fait du potentiel du pays en termes de taille de marché. Les américains n’ont pas jusqu’ici industrialisé ou optimisé notre métier de logisticien de petits produits et de picking de détail.

Nous avons eu l’opportunité de gagner l’appel d’offre d’une société américaine de cosmétiques, qui nous avait déjà fait confiance pour la distribution de ses produits en Europe.

La taille du contrat était suffisamment importante pour nous permettre de démarrer une filiale et de couvrir les coûts fixes. Nous avons donc ouvert un entrepôt il y a 4 mois, créé la société et implanté notre système d’information. Le recrutement a été extrêmement complexe car le marché américain se trouve en plein emploi et l’obtention des visas pour les managers français a été un processus long, compliqué et coûteux.

Néanmoins, le déploiement a été rapide puisque la société a déjà un niveau d’activité significatif avec une qualité de service reconnue par le client.

  • La stratégie de cette filiale est conduite par l’équipe basée en France ?

Lors de la phase de démarrage d’une filliale, un membre du top management français est toujours présent. Nous avons également envoyé notre équipe spécialisée dans l’installation de nouveaux entrepôts ou de nouvelles activités dans des nouveaux pays.

Il faut tout de même garder à l’esprit que STACI est une société de services et que l’aspect culturel est donc un point important. Pour cette raison, nous allons recruter un Directeur Général américain.

3. Pouvez-vous nous parler des plans de développement de STACI aux Etats-Unis d’abord et ensuite des ambitions de STACI sur les années à venir de manière générale ?

En ce qui concerne les Etats-Unis nous sommes davantage dans une phase de découverte, de compréhension et surtout d’apprentissage du marché américain. Nous allons commencer par tester notre capacité à nous développer  de façon organique aux Etats-Unis avant de nous engager dans des opérations de build up.

De manière générale, nous avons l’ambition de poursuivre cette forte croissance en Europe en priorité, continent qui dispose toujours d’un beau potentiel.  Nous sommes aujourd’hui le seul acteur à offrir ce service unifié dans toute l’Europe ce qui nous donne une longueur d’avance sur nos concurrents. Les opportunités sont nombreuses et STACI a pour ambition de tripler la part de son chiffre d’affaires réalisé à l’international dans les quatre années à venir. Les demandes de nos grands clients nous poussent également à envisager l’ouverture de nouvelles filiales dans les pays nordiques.

  • Selon vous, est-il plus judicieux d’ouvrir une filiale ou de procéder à une acquisition lorsque l’on souhaite s’implanter dans un nouveau pays ?

Notre expérience a prouvé qu’il valait mieux acquérir une petite société pour démarrer dans un pays. Cela nous permet d’avoir une première approche du marché, de disposer d’une base déjà fonctionelle, de la développer et de couvrir les coûts fixes.

L’implantation d’une filiale nécessite un gros contrat pour commencer et couvrir les coûts fixes. Il est préférable de commencer avec une structure existante que l’on boostera par la suite.

  • Avez-vous des critères pour choisir les société cibles ?

Nous avons deux critères principaux. La société doit tout d’abord exercer le même métier que nous. Par ailleurs, le management de la société doit être compatible avec celui de STACI. Nous apprécions également lorsque le management réinvestit à nos côtés de façon à accompagner la transition.

A titre d’exemple, nous avons fait l’acquisition de Move Elevator en octobre 2019 car la société respectait nos deux critères. De plus, elle était positionnée dans une zone en Allemagne où il est encore possible de recruter.

En revanche nous n’avons pas de critère de taille : nous avons racheté des sociétés avec un chiffre d’affaires de 3 millions d’euros et d’autres avec un chiffre d’affaires de 45 millions d’euros.

2. Anticipez-vous des évolutions du marché ou de votre business model et comment STACI prévoit de s’y adapter ?

Le premier sujet est la digitalisation des métiers. STACI a depuis longtemps investi une web agency intégrée. Nous avons mis en place 500 boutiques en ligne qui permettent à nos clients de communiquer facilement avec leur réseau.

L’étape suivante est de transformer cet outil en une véritable place de marché. Nous avons investi cette année 2 millions d’euros dans une nouvelle plate-forme web. En complément, nous avons déployé une solution de business intelligence qui va permettre à nos clients d’avoir en temps réel une visibilité globale sur leurs flux.

Le second sujet porte sur la production et le WMS (Warehouse Management System). Nous avons investi dans une solution de cloud qui va aujourd’hui nous permettre d’accéder à notre WMS en 4G. Cela nous évitera de devoir installer des serveurs de proximité et nous permettra de déployer une solution de gestion d’entrepôt via la 4G n’importe où dans le monde dans un délai record.

Le dernier sujet est la mécanisation des processus. Nous souhaitons mécaniser ce qui peut l’être. Pour cela nous avons investi dans des chaînes mécaniques pour certaines activités et notamment aux Etats-Unis où nous avons une chaîne de light picking qui nous a permis d’améliorer la productivité.

5. Société Générale Capital Partenaires poursuit l’accompagnement du développement de STACI à travers une nouvelle opération en 2019 faisant suite à un premier investissement en 2017.   Qu’attendez-vous de l’accompagnement de SGCP ?

Nous sommes tout d’abord extrêmement heureux du réinvestissement de la Société Générale qui est une véritable preuve de confiance. Nous entretenons de très bonnes relations avec nos associés investisseurs qui comprennent notre modèle industriel, y croient et restent à nos côtés.

Pour la suite, nous attendons de cet accompagnement des avis et des conseils de professionnels sur des sujets techniques.  D’autre part, l’actionnariat de STACI est composé d’un fond d’investissement majoritaire et du management. Avoir un troisième investisseur indépendant des deux premiers permet d’avoir un avis complémentaire.

Pour finir, Société Générale compte un certain nombre de participations dans son portefeuille, ce qui nous donne la possibilité d’échanger et de se challenger sur divers sujets.

 

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Directeur de Participations Société Générale Capital Partenaires
Chargé d'Affaires Société Générale Capital Partenaires