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GEOSAT ou comment révolutionner son métier pour grandir

22/01/2020

Rencontre avec Mathias SAURA, Président de GEOSAT

Créée en 2000, GEOSAT intervient sur quatre métiers : la détection non-intrusive des réseaux enterrés, la modélisation en 3D de données géométriques destinée aux professionnels de la construction et du bâtiment, la cartographie mobile et l’activité de géomètre-expert.

  1. Le groupe GEOSAT intervient dans tous les domaines de la mesure 3D et bénéficie d’une progression moyenne de son chiffre d’affaires de 40% par an. Pouvez-vous revenir sur les étapes clés qui ont conduit à ce succès ?

Le développement de GEOSAT résulte de la rencontre entre associés ayant une vision de l’entreprise tournée vers les nouvelles technologies. La société, créée en 2000 par Cédric Ferrero avait dès son commencement une approche très innovante grâce à la technologie GPS. A partir de 2004, GEOSAT a réalisé ses premiers travaux de détection de réseaux. L’usage des nouvelles technologies a toujours permis à la société de se différencier de ses concurrents et de croître rapidement. En 2007 et 2008, Lionel Raffin et moi-même rejoignions GEOSAT à une période où les choses commençaient réellement à prendre forme.

En 2010, Le début de l’industrialisation des scanners 3D nous a permis d’accompagner les acteurs de la construction et du bâtiment de façon efficace et maîtrisée. L’arrivée d’Arnaud Matisson en 2013 a, par ailleurs, contribué à la structuration de notre ancrage parisien.

L’année suivante a été marquée par un grand bon, avec l’industrialisation de notre métier de détection de réseaux. Par la suite, en 2015, le service de R&D a été complétement structuré avec des équipes 100% dédiées à l’intelligence artificielle appliquée à l’information géographique. Nous avons également créé une agence à Paris, qui est aujourd’hui notre plus grande agence. Deux autres ont vu le jour à Toulouse et à Poitiers en 2018.

Enfin, 2019 a été une année importante avec l’arrivée de Société Générale Capital Partenaires (SGCP) au capital et le rapprochement par croissance externe avec la société VIAMAPA. Nos deux directeurs de production, Bertrand Chatin et Jonathan Charon, rejoignirent notre équipe d’associés au cours de cette même année.

Le groupe s’est également construit au fil de croissances externes sur des petites structures : En 2004 à Bordeaux, en 2008 en Ile-de-France, en 2009 à Libourne, en 2014 à Montrouge ou encore récemment au Portugal et au Mozambique. 

Le succès de GEOSAT s’explique donc, selon moi, par l’interaction entre différentes évolutions techniques, technologiques, une structuration en termes de croissance externe et organique et la réunion de plusieurs personnes ayant une vision commune.

  1. GEOSAT intervient sur quatre métiers : comment ces différents métiers interagissent entre eux ?

Ces métiers sont effectivement différents mais il y a une colonne vertébrale qui est la rigueur de la mesure et la précision. Tout cela passe par la capacité que nous avons à mesurer l’environnement, qu’il soit intérieur ou extérieur. Les interactions sont très importantes et nos différents métiers interagissent les uns avec les autres pour le plus grand intérêt de nos clients. Cela nous permet de répondre à un besoin global au sein d’une seule et même entité qui est GEOSAT. A titre d’exemple, nous ne pouvons pas modéliser les villes en oubliant les réseaux ou modéliser les villes en oubliant les bâtiments.

Par ailleurs notre savoir-faire foncier permet de comprendre comment les différentes interactions se traduisent en termes de droit au travers des enquêtes ou inspections foncières réalisées par nos soins.

  • Est-ce que certains métiers prennent le dessus sur les autres ?

Suivant l’époque, une activité peut dominer sur une autre. Aujourd’hui la détection de réseaux occupe une place importante mais un basculement va s’opérer dans l’avenir sur la partie bâtiment et modélisation 3D des villes. A contrario, la partie foncière va plutôt rester un socle stable, car moins soumis aux aléas ou modifications juridiques.

Le point important est notre capacité à réallouer les effectifs là où le besoin est le plus important pour tenir compte des changements de marché. C’est notamment pour cela que nous avons choisi d’être diversifiés.

De plus, nos collaborateurs ont pour la plupart deux casquettes : beaucoup sont capables de faire de la topographie et de la détection de réseaux ou de modéliser des villes mais aussi des bâtiments. Ils sont donc capables de passer d’une activité à l’autre avec une formation professionnalisante si nécessaire. La compétence et le professionnalisme de nos collaborateurs sont nos plus grandes forces.

  1. En septembre 2019 VIAMAPA, spécialiste des services topographiques au Portugal et au Mozambique, a rejoint le groupe GEOSAT. Quel est l’enjeu de cette acquisition pour le développement de l’activité du groupe à l’international ?

L’international fait partie des enjeux importants de GEOSAT. Nous avons choisi le Portugal car il s’agit selon nous d’un pays très opportun, que ce soit en termes de culture ou de proximité avec le marché français. Le marché portugais est mature mais moins structuré qu’en France, ce qui nous laisse une belle marge de manœuvre.

Le rachat de la société VIAMAPA découle d’une rencontre avec un management de qualité que nous avons voulu garder dans la structuration. L’esprit d’entreprise de VIAMAPA est similaire et compatible avec celui de GEOSAT, ce qui nous permet de partager facilement notre savoir-faire technologique et logistique.

Au-delà du Portugal, VIAMAPA est également présent au Mozambique. Le pays dispose d’une autre temporalité et d’une autre typologie de clients mais permets à GEOSAT d’avoir une première empreinte en Europe et en Afrique qui sont des marchés prometteurs.

  1. Pouvez-vous nous parler davantage du développement de l’activité Smart City lancée en 2018 et des véhicules autonomes ?

Concernant l’activité Smart City, nous travaillons sur ce que nous appelons la carte HD. Cette dernière permet de faire une représentation des espaces et des territoires à l’échelle d’une ville, d’une métropole ou d’une agglomération. Nous nous centrons essentiellement sur les zones à forte densité de population avec une modélisation en 3D centimétrique. Aujourd’hui, GEOSAT est le seul groupe à proposer un travail réellement centimétrique car il s’agit de procédés extrêmement complexes que nous essayons d’industrialiser.

Le deuxième sujet, le lancement des véhicules autonomes, traite les mêmes données mais de manière différente et pour un usage différent. Pour qu’un véhicule sache comment se déplacer, nous avons besoin de connaître le point d’origine, la direction et la vitesse. Le point d’origine du véhicule est une donnée difficile à obtenir car la marge d’erreur ne peut pas excéder 10 cm. Il faut donc un plan initial qui soit centimétrique, d’où l’utilisation d’une carte HD avec des comparateurs permettant de savoir exactement comment se positionner.

Actuellement, nos cartes sont destinées à être lues par des hommes avec des graphiques classiques mais nous les transformons en algorithmes pouvant être lus par des machines. Notre pôle R&D nous a rendu capable de faire une analyse détaillée et précise de l’environnement et des éléments structurant cet environnement.

  1. Société Générale Capital Partenaires est entré au capital en mai 2019. Qu’attendez-vous de l’accompagnement de SGCP ?

Nous attendons de Société Générale Capital Partenaires un accompagnement actif, ce qui est le cas, en tant que partenaire de la transformation de GEOSAT en une ETI internationale. L’objectif est donc d’avoir un regard externe sur notre société par l’apport de conseils d’experts sur certains sujets comme les opérations de croissance externe ou la structuration financière de GEOSAT.